Christine BOUMEESTER, 7 octobre - 12 novembre 2011
  • "Chaque grand dessinateur s'exprime avec un outil de prédilection et qui semble le définir tout entier. Qui le fusain ou la pierre noire : Seurat, la plume d'oie : Rembrandt, le roseau taillé : Van Gogh. Christine Boumeester elle, a choisi le plus anonyme de tous, le plus discret, envie d'écrire le plus solitaire tant il réclame de volonté, de conviction et d'humilité, le crayon HB, la clef de la porte étroite que l'on ne peut franchir qu'après avoir repoussé tout mensonge. Bien sûr d'aucuns remarqueront dans ses premiers dessins la sanguine ou la pierre noire, peut être le fusain, mais c'est bien le crayon qui demeure la signature de ce travail d'édification. Considérons cet autoportrait où la voici pour toujours présente au milieu de nous. Ce dessin prend tout naturellement place à la suite de feuilles exemplaires tels les portraits des personnages de la cour d'Angleterre par Holbein ou les prodigieux portraits de Ingres à la mine de plomb qui ponctueront par leur rigueur et leur étourdissante virtuosité le travail de toute sa vie. Ingres disait justement : le dessin est la probité de l'Art. Et nous pouvons regarder les dessins de Chrisrine Boumeester à la lumière intemporelle de cette sentence dont on a si souvent oublié la signification. Christine Boumeester est incapable de tricher ; cela ne peut lui traverser l'esprit. En interrogeant ainsi son propre regard, attentive et fervente, elle nous oblige presque à baisser les yeux pour faire notre propre examen de conscience. C'est elle qui désormais nous regarde avec amour et sans concession..."

    Vincent Bioulès
    Extrait de la préface du catalogue édité pour l'exposition

     

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